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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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parut vouloir le tenir à l’écart. Mais ce grand ministremourut le 4 décembre 4G42, et Louis XIII le suivit deprès dans la tombe (44 mai 1G43). Quinze jours après,Turenne put annoncer à sa sœur que la régente Anned’Autriche, qui lui avait toujours montré beaucoupd’affection, « lui avait commandé d’aller en Italie etassuré qu’il serait maréchal de France à la fin de lacampagne » j 1 ).

Dans l’intervalle, la situation s’était sensiblementmodifiée dans le Piémont. Le prince Thomas deSavoie, mécontent des Espagnols, s’était rapprochéde la France, et ce fut à lui que furent délivrées leslettres patentes de « général des armées du Roi » enItalie. Mais comme on ne faisait fond qu’à moitié surce dévouement de fraîche date, on lui adjoignitTurenne, qui devait « commander son corps à part,tout en prenant les ordres du prince » ( 2 ). Du reste,celui-ci s’inclina volontiers devant la supériorité deson lieutenant et lui abandonna la direction des opé-rations. Le « service du Roi » n’en souffrit pas, commeon le pense, et cette campagne acheva de montrerque le vicomte était digne d’exercer le commandementen chef. Pour obliger les Espagnols à sortir du Pié-mont, il feignit de vouloir porter la guerre dans leMilanais, et tout d’abord s’en alla mettre bruyam-ment le siège devant Alexandrie, En réalité, sonobjectif était Trino, forte place située près de la rivegauche du Pô, au-dessus de Casale, et dont la pos-session donnait à l’ennemi de grands avantages. Lafeinte réussit à souhait : les Espagnols se hâtèrent de

(') Turenne à sa sœur, 30 mai 1G42.

(*) Ibid,