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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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brusque dégel survint et il dut se contenter de bom-barder Batisbonne de la rive opposée ; puis les Wei-mariens et les Suédois se séparèrent pour se déroberplus facilement. L’Empereur voulut tirer vengeancede ce coup de main et envoya Piccolomini, avectoutes les troupes qu’il put réunir, à la poursuite deBaner: 3 régiments, que celui-ci avait laissés enarrière sous le colonel Slange pour couvrir laretraite, furent obligés de capituler à Neuburg, le10 mars. Mais le gros réussit à se jeter en Bohême etgagna en treize jours Zwickau, où Guébriant lerallia. Cette retraite, que la rigueurde la saison ren-daitexlrêmementpénible, ajouta encore à la renomméeque Baner s’était acquise dans ses dernières cam-pagnes; malheureusement, ce hardi capitaine ne jouitpas longtemps de son triomphe : il mourut à Ilal-bersladt deux mois plus tard (20 mai 1641), dessuites de ses fatigues et plus encore de ses excès.

Immédiatement après la mort de Baner, Guébriantmarcha avec l’armée combinée contre les Impériaux,qui s’étaient avancés, sous l’archiduc Léopold et Pic-colomini, jusque dans les environs de Brunswick : illes rencontra près deWolfenbüttel, le 29 juin 4 641,et leur infligea une sanglante défaite ; puis il se tintsur la défensive en attendant l’arrivée de Torstenson,désigné par Oxenstjerna pour prendre le commande-ment des troupes suédoises. Toutefois, l’année s’écoulasans que les hostilités fussent reprises. Des négocia-tions se poursuivaient depuis quelque temps en vued’amener un rapprochement que les deux principauxbelligérants, c’est-à-dire la France et l’empire, dési-raient, au fond, assez peu : elles aboutirent à l’ouver-