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front, et au lieu de prendre le chemin le plus directde Brisacli à Fribourg, par St Georgen, il avait fait,plus au sud, par Krotzingen et Scliallstadt, un détourqui l’avait amené au pied du Schœnberg. N’y voyantpersonne, il envoya, par Ebringen, 2 régimentsd’infanterie (qui, à la vérité, ne comptaient pas1,000 hommes à eux deux) pour s’emparer de lahauteur, et fit avancer le reste de ses troupes à piedpour les appuyer. Ce mouvement n’avait pointéchappé à Mercy ; mais, comme il n’avait plus letemps de faire occuper en forces le Schœnberg, il ydépêcha, à tout hasard, « quinze ou vingt » mousque-taires, qui, escaladant en grande hâte le versantopposé de la colline, atteignirent le sommet avantl’ennemi et reçurent celui-ci par un feu nourri.L’avant-garde française, croyant avoir affaire à unparti- considérable, redescendit en désordre, et, soneffroi se communiquant aux autres régiments, « il yeut pendant quelque temps un peu de confusion,dont l’ennemi eût pu profiter ». Il est vrai que celase passait hors de la vue de Mercy, qui n’était occupéqu’à réparer sa faute, c’est-à-dire à assurer l’occupa-tion du Schœnberg, si heureusement sauvé, contretoute attente, par la diversion d’un simple peloton.
Turenne, « ayant manqué cette occasion, ne crutpas qu’il eût raison de rien hasarder pour secourir laville ». 11 ne pouvait pas se le dissimuler : son arméeou du moins son infanterie n’était pas encore de forceà se mesurer avec les solides troupes de Mercy. Toute-fois, pour ne point dévoiler à l’ennemi sa trop réellefaiblesse, il ne voulut pas se retirer au delà du Rhinà moins d’y être absolument contraint, et prit posi-