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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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tion un peu en arrière, à Schallstadl. Mais Mercys’aperçut vite que son adversaire n’était guère en me-sure de l’inquiéter sérieusement et poussa activementle siège de Fribourg. Il y eut pourtant quelques escar-mouches et même un assez vif engagement de cavale-rie, dans lequel 700 à 800 Bavarois furent défaits parRosen. Sur ces entrefaites, la place capitula (97 juil-let), bien que son gouverneur n’eût point épuisé tousles moyens de résistance, et le maréchal dut se reti-rer à Krotzingen, à mi-chemin de Fribourg à Brisach,oii il se retrancha. Aussitôt après son échec, il avaitécrit à Mazarin pour lui demander des renforts. « Ilest très certain, lui répétait-il, que les malheurs pré-cédents ont donné à nos gens quelque appréhensionde l’armée de l’ennemi. » Néanmoins, il était loin deconsidérer la situation comme désespérée, car il ajou-tait : « Si les affaires peuvent permettre d’envoyerun corps de 3,000 ou 4,000 hommes vers Sa verne, quiviendrait me joindre ou descendrait dans le bas Rhin,cela serait de très grande conséquence et remettraittoutes nos troupes en vigueur (’). »

Mazarin ne se borna pas à envoyer les « 3,000 à4,000 hommes » que Turenne jugeait suffisants ; ildirigea sur l’Alsace les 10,000 hommes réunis sousle duc d’Anguien entre la Meuse et la Moselle, et leduc d’Anguien lui-même. Turenne allait donc setrouver dépossédé pour un temps du commandementen chef, et subordonné à un général plus jeune quelui de dix ans (il en avait 32 et le duc d’Anguien 22seulement). Il est vrai que ce jeune général était un

(') Turenne à Mazarin, 11 juillet IG44.