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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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nement de la confusion des troupes du Roi, toutel’armée eût été perdue, au moins toute l’infanterie. »

Mais l’ennemi avait trop souffert lui-même pourpouvoir faire aucun mouvement. Ses pertes — autantqu’on peut les évaluer en l’absence de renseignementsprécis et concordants — montaient, pour les deuxjournées, à 4,000 ou 4,500 hommes; celles desFrançais paraissent avoir été un peu supérieures :environ 5,000 tués ou blessés. C’était au moins lequart des effectifs engagés ; mais comme la cavalerien’avait guère pris part à la lutte, on peut affirmerque, de part et d’autre, plus de la moitié de l’infan-terie était hors de combat.

Aussi, pendant les trois journées suivantes, lesdeux adversaires se contentèrent-ils de s’observer.Mercy, tout épuisé qu’il était, sentait bien qu’uneretraite précipitée compromettrait l’issue de la cam-pagne; au moins ne voulait-il pas quitter la placeavant que les Français eussent dévoilé leurs inten-tions. Heureusement pour lui, — car il commençaità manquer de vivres et en était réduit à nourrir seschevaux avec des sarments et des feuilles d’arbres, —le duc d’Anguien ne tarda pas à prendre un parti.Bien convaincu, cette fois, que les positions ennemiesétaient inexpugnables, il se décida à suivre le conseilde d’Erlacli, c’est-à-dire à manœuvrer sur les com-munications de l’ennemi. Le 9 août au matin, l’arméefrançaise leva son camp et se dirigea sur Denzlingenà travers le Mooswald : Turenne et scs Weimariensformaient l’avant-garde ; le duc d’Anguicn fermait lamarche avec son armée. La traversée du Mooswaldfut lente et pénible. Dans la nuit seulement, on attci-