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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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Ici, le grand théoricien se montre visiblement in-juste. En un temps où les armées ne pouvaient quedifficilement réparer leurs pertes et renouveler leursapprovisionnements, les conséquences de toute ren-contre un peu sérieuse*se faisaient longtemps sentir,aussi bien pour les vainqueurs que pour les vaincus ;comme le choc, beaucoup plus que les manœuvres,décidaient du sort de la bataille, les deux adversairesn’en sortaient guère moins épuisés l’un que l’autre.Avec une armée réduite de près de moitié, sans ma-gasins, à peu près sans argent ('), le duc d’Ànguienne pouvait s’éloigner du Rhin, et était bien forcé de« se rabattre sur des entreprises moins difficiles ».

Mais eût-il mieux fait d’achever la conquête duBrisgau plutôt que de s’en aller assiéger Philipps-bourg? Il semble que cela ne fasse pas question, et iln’y a vraiment pas lieu de se demander avec Rotlien-burg ( 2 ) s’il « allait mieux au caractère du prince dese distinguer par la prise de Philippsbourg, enlevéaux Français en 1635 par un coup'de main retentis-sant et qui était considéré comme le boulevard del’Allemagne, que d’emporter une place secondairecomme Fribourg » : Philippsbourg n’était peut-être

analyses de campagnes de Clausewitz. Les premières campagnesde Turenne notamment n’y sont l’objet que de rétlexions som-maires présentées sous forme de notes.

(*) Tout prince du sang qu’il était, le duc d’Anguien no réus-sissait guère mieux que Turenne à obtenir quelque argent de lacour. Son rapport du 8 août à Mazarin se termine ainsi : “ Jevous conjure do nous envoyer nos montres le plus diligemmentqu’il se pourra : co n’est pas ici un pays où l’on vive pour rien. „

(■) F. v. Rotuenburg, DicWaffenlhalen des drchsigjaehrigenK/'icyes.