C’est ce qu’il ne faut pas perdre de vue quand onaborde le récit des opérations ultérieures de l’arméefrançaise. Mercy ayant regagné la Souabe, le ducd’Anguien décida qu’on irait mettre le siège devantPhilippsbourg. Quelques auteurs l’en ont blâmé. Lesuns pensent qu’il aurait dû se mettre, sinon immé-diatement, du moins après un court repos à la pour-suite des Bavarois ; les autres estiment qu’il eût mieuxfait de commencer à nettoyer d’ennemis le Brisgauet avant tout de s’emparer de Fribourg. D’autre part,Clausewitz, sans examiner la question au fond, con-state ironiquement qu’après le choc, les deux arméess’éloignent en sens opposé « à la façon des billes debillard », comme si d’Anguien et Mercy « ne vou-laient plus avoir rien de commun ensemble »; puisil ajoute : « Comme il fallait faire quelque chose etqu’il était trop dangereux de poursuivre l’ennemi, onse rabattait sur des entreprises moins difficiles et l’ons’en allait assiéger Philippsbourg ('). »
il est difficile d’en apprécier la valeur en connaissance de cause.Il n’est pas douteux qu’en principe, il eût mieux valu ne paslaisser à Mercy le temps d’organiser sa nouvelle position — oude la perfectionner, s’il est vrai, comme le pense le duc d’Aumale,qu’elle était préparée à l’avance : nous avons déjà fait cetteremarque au cours de notre récit. Mais, étant donnée la fouguebien connue du duc d’Anguien, on peut très bien admettre ques’il ne renouvela pas immédiatement son attaque, c’est qu’il enreconnut l’impossibilité absolue, tant à cause du mauvais tempsqui devait rendre le terrain très difficile, qu’en raison de lafatigue et de l’épuisement des troupes françaises.
C) Général von Clausewitz, Strategische BeleucJitungmehrernr Feldzügevon Gustav Adolph, Tarenne, Luxcmburgund andere historische Materialien zur Strategie. — (Hinter-lassene Wcrhe, Bd. IX.) Il s’en faut que cet ouvrage, comme sontitre le montre d'ailleurs, soit aussi approfondi que les autres