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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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depuis le départ de Jean de Woerlh, et celui-ci, rap-pelé après la défaite de Jankau, ne lui ramenait que500 cavaliers. L’occasion était donc excellente pourtomber sur les Bavarois affaiblis et isolés.

Turenne marcha donc sur Pforzheim et alla passerle Neckar à gué, près de Ludwigsburg. Son inten-tion était de tourner la petite armée bavaroise queMercy avait rapidement réunie dernière l’Enz, dèsqu’il avait appris que les Français avaient passé leRhin. Ne se sentant pas assez fort pour combattre, leield-maréchal prit le parti de se retirer vers la Fran-conie. Ce que voyant, Turenne « fit diligence » etarriva à Ilall (Schwæbisch-Hall) ( ! ) en même tempsque son adversaire (16 avril). Mais, comme il n’avaitavec lui que sa cavalerie, il hésita à s’engager, ouplutôt craignit que l’ennemi ne se jetât sur l’infan-terie française, qui était encore à quelques heuresen arrière. Aussi laissa-t-il Mercy s’éloigner dans ladirection de Feuchtwang et de Dinkelsbühl, se con-tentant de le faire suivre par Rosen pendant cinq ousix heures. Plus tard, il s’est accusé d’avoir montrétrop de circonspection dans cette circonstance : « Jesuis persuadé, dit-il, que si la cavalerie eût marchéd’abord après M. de Mercy, elle l’eût arrêté dans samarche, eût donné à l’infanterie le temps de venir,et que l’on eût combattu avec avantage. » Quoi qu’ilen soit, Turenne resta trois jours à Ilall, puis, quandil eut réuni tout son monde, il remonta vers le nordet gagna Mergentheim, sur la Tauber, oii il s’éta-blit.

(q Ou Hall-am-Kocher, — Suaboschal, dans les mémoiresfrançais du temps.