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sans envisager les conséquences d’une semblabledissémination en présence d’un adversaire aussi actifqu’habile, sur les intentions duquel on n’était nulle-ment fixé, et il est le premier à convenir qu’ « on lefit résoudre fort mal à propos ». Toutefois, commeles partis envoyés en reconnaissance du côte de Feucht-wang rapportèrent que les Bavarois étaient toujoursderrière la Wœrnitz, c’est-à-dire à plus de 50 kilo-mètres, et ne paraissaient occupés qu'à se fortifierdans leurs positions, le maréchal pensa qu’il auraittoujours le temps de rassembler ses régiments, d’au-tant qu’il gardait sous sa main, à Mergentheim, soninfanterie et son canon ; la crainte de voir dépérir saprécieuse cavalerie acheva de le déterminer.
Turenne avait si bien conscience des dangers aux-quels il s'exposait que, dès le lendemain, il regrettade s’être laissé trop facilement circonvenir, donnal’ordre (qui ne fut peut-être pas strictement exécuté)de resserrer les cantonnements à trois lieues, au plus,autour de Mergentheim et fit faire quelques recon-naissances sur la route de Feuchtwang. Mais il fautcroire que ces reconnaissances ne furent pas pousséesassez loin, —bien que l’une d’elles eût été dirigée parle maréchal en personne, — car le 2 mai, à 2 heuresdu matin, quand une patrouille vint annoncer l’ap-proche de l’ennemi, celui-ci n’était plus qu’à unefaible distance.
Turenne se hâta d’envoyer à tous les détachementsl’ordre de se concentrer, non pas à Mergentheim,mais à deux lieues en avant, au village d’IIerbst-hausen, où se trouvait la grand’garde, et Rosen futchargé de ranger les troupes, au fur et à mesure de