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d’Anguien, qui ne désespérait pas de le gagner devitesse, se portait, par Mœckmiihl et Mergentheim,sur Rothenburg (an der Tauber), il marcha vers laWœrnitz et s’arrêta à Diirrvvang, au nord-est deDinkelsbiihl, de façon à barrer de nouveau le cheminà l’ennemi.
Celui-ci s’empara sans grand’peine de Rothenburg(18 juillet), après quoi il resta dix jours sans bouger,ce qui ne laissa pris de surprendre Mercy. C’est qu’eneffet, une scission s’était produite, dès le passage duNeckar, entre les Français et leurs alliés, tvœnigs-mark et Geiso ne se souciaient point de suivre le ducd’Anguien dans un mouvement vers le Danube, qui leséloignait des pays oii ils avaient coutume d’opéreret qui paraissait d’ailleurs laisser la Hesse à décou-vert; sans doute aussi étaient-ils mécontents de lahauteur avec laquelle les traitait le prince, qui,n’ayant point comme Turenne l’habitude de comman-der des troupes appartenant à d’autres nations ni defaire campagne avec des généraux étrangers, ignoraitou dédaignait l’art difficile de ménager des auxiliairestoujours un peu ombrageux. Avec Kœnigsmark, labrouille devint bientôt complète : le général suédoisemmena ses 4,000 hommes en Misnie, « faisantmonter un fantassin en croupe derrière chacun de sescavaliers » pour s’éloigner plus vite; Anguien, aprèsavoir hésité un instant « s’il ne le chargerait point »,se borna à « lui envoyer souhaiter publiquement unbon voyage » ('). Quant ii Geiso, Turenne, « quisavait manier les esprits et apprivoiser les passions »,
(') kamsay.