marche et les manœuvres de Mercy l’avaient .forcé denégliger; il espérait qu’à défaut de la conquête de laBavière* « un solide établissement sur le Neckar cou-ronnerait bien la campagne et donnerait pour l’annéesuivante le moyen de reprendre les opérations contreles armées de l’empire ». Mais une fièvre violentequi mit, dit-on, sa vie en péril, l’obligea presqueaussitôt à rentrer en France et il laissa le comman-dement supérieur à Turenne, et' le commandementde l’armée de France à Gramont, qui venait d’êtreéchangé contre Geleen i 1 ).
Les deux maréchaux, après avoir enlevé en pas-sant Dinkelsbühl, vinrent donc mettre le siège devantHeilbronn, qui avait une garnison de 1,500 hommesaux ordres du colonel bavarois von Fugger (3 sep-tembre). Comme ils n’avaient pas assez de mondepour investir complètement la ville, qu’ils manquaientde matériel, de vivres et de fourrages et que d’ail-eurs le temps était devenu fort mauvais, les travauxne commencèrent pas immédiatement. Ils étaient àpeine ébauchés, lorsqu’on apprit qu’une armée austro-bavaroise s’approchait.
Aussitôt après la bataille d’Allerheim, qui ouvraita Bavière aux Français, l’électeur Maximilien avaitdemandé des renforts à l’Empereur, le menaçant detraiter séparément avec la France, s’il ne venaitpromptement à son aide. Ferdinand III, qui venait defaire sa paix avec le prince de Transylvanie, Bakoczy,et que la retraite de Torstenson en Saxe, après le
(') Heilmann dit que l’électeur Maximilien prit lui-mêmel'initiative de cet échange, afin de pouvoir remplacer au plus tôtJean do Wœrth dans le commandement de l’armée bavaroise.