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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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Le 14 mars 1647, une trêve fut signée à Ulmentre la France, la Suède et la landgrave de Ilesse-Cassel, d’une part, l’électeur de Bavière et son frère,l'électeur de Cologne, de l’autre ; elle était concluepour six mois et s’étendait à toutes les possessionsdes deux Électeurs, qui s’engageaient à rester neutresdans la lutte entre la France et l’empire. Turenneet Wrangel s’étaient toujours montrés opposés à cetarmistice; d’après eux, Maximilien n’était qu’un rusépolitique, qui ne voulait que gagner du temps pourrenforcer son armée et restait toujours, au fond,favorable à la cause impériale. Ils insistèrent du moinspour que l’on prît des sûretés vis-à-vis de lui, etc’est sur leur demande que fut inséré dans la con-vention un article portant que, jusqu’à la « paixgénérale », les places d’Ulm, de Donauwœrlli, deLauingen, de Gundelfmgen et de Iloclistædt reste-raient entre les mains des Français; celles de Mem-mingen et d'Ueberlingen, entre les mains des Suédois.Un autre article stipulait que si Maximilien licenciaitson armée, celle-ci ne pourrait passer qu’au servicede Venise.

Cette dernière clause était plus particulièrementdirigée contre Ferdinand III, qui n’avait pas attendula signature de la trêve pour essayer de débaucher lestroupes bavaroises; celles-ci, faisait-il dire dans lescamps, étaient avant tout des troupes d’empire, dontl’Empereur avait seulement confié le commandementtemporaire à son vassal l’Électeur, et qu’il pouvaitrappeler à son gré. Cette argumentation n’avait pasproduit beaucoup d’effet sur les soldats et sur les offi-ciers subalternes, qui, étant mieux payés et mieux

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