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employé ses dernières ressources à lever de nouvellestroupes, il ne lui restait, à la fin de l’hiver, que5,000 fantassins et 6,000 chevaux à opposer auxarmées françaises et suédoises, qui, « raccommodées »par leurs chefs, montaient ensemble à 14,000hommes de pied et 20,000 chevaux. D’autre part, lamort de Gallas, survenue sur ces entrefaites, laretraitedu comte de Ilalzfeld, accablé d’infirmités, et ledépart de l’archiduc Léopold-Guillaume, nommégouverneur des Pays-Bas par le roi d’Espagne,laissaient Ferdinand III sans généraux. 11 s’adressaalors à Melander, l'ancien général hessois, qu’il ano-blit et nomma feld-maréchal ; mais la campagne nes’en ouvrait pas moins pour lui sous de tristes auspices,tandis que Turenne et Wrangel arrêtaient leursdernières dispositions pour la rendre décisive.L’Autriche se trouvant isolée et, pour la premièrefois, complètement à découvert du côté du sud-ouest,les deux maréchaux se proposaient de marcher surVienne ; étant données leur vigueur, leur activité,leur bonne entente (') et enfin leur supériorité numé-rique, il ne paraît pas douteux qu’ils eussent mené àbien leur projet.
Malheureusement, la politique « de bascule » dela cour de France vint une fois de plus faire avorterleurs combinaisons. Le 15 avril, Turenne apprit par
(') Turenne écrivait à sa sœur (25 septembre 1646) : >■ Dieumerci, les choses vont d’une grande hauteur et il n’est pascroyable dans quelle union sont ces deux années. » Rarementon vit deux généraux, dont les intérêts étaient parfois diver-gents,/sinon opposés, vivre en meilleure intelligence; il puts’élever entre eux quelques dissentiments passagers, mais jamaisleur accord ne fut sérieusement troublé.