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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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considération. A une époque où l’on n’employaitguère que des troupes mercenaires, chaque arméeétait habituée à opérer dans sa région particulière etn’en sortait, pas volontiers. Aussi Turenne ne dissi-mulai il pas à Mazarin que ses Weimariens pour-raient bien refuser de le sffivre, tant « à cause decinq ou six montres qui leur étaient dues » que dela crainte qu’ils auraient d’être purement et simple-ment incorporés dans l’armée française et de perdreainsi leurs vieux privilèges. Mais le cardinal crutavoir levé toutes difficultés en accordant une montre,« laquelle même, à cause des difficultés que firent lesmarchands d’accepter les lettres de change, ne fut pasprête au temps que l’armée commença à marcher ».

Enfin, la reine régente, ayant réitéré formellementau maréchal, par une lettre autographe, l’ordre dese mettre en marche sans plus de retard, Turenne sesépara de Wrangel et se dirigea sur Philippsbourg.L’armée passa le Rhin « sans faire aucune difficulté » ;mais, le 6 juin, quand il s’agit de franchir les Vosges,qui formaient la limite entre les pays de languefrançaise et les pays de langue allemande, ce queTurenne avait prévu arriva : de toute la cavalerieallemande, il n’y eut qu’un seul régiment, celui quiportait son nom, qui consentit à le suivre. Toutd’abord, il continua sa route, pensant que les mutinsse raviseraient et finiraient par le rejoindre. Mais,ayant appris qu’ils se dirigeaient vers le Rhin, dansl’intention de rentrer en Allemagne, il rebroussachemin avec ses régiments français et les atteignit aumoment ou ils commençaient à passer le fleuve surdes bateaux qu’ils avaient obtenus par menace des