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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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les factions. Les grands, que Richelieu avait plutôthumiliés qu’abattus, et plus intimidés que soumis, sepréparaient à prendre leur revanche sous un roimineur, gouverné par une femme et par un étranger.La bourgeoisie, sur qui pesaient surtout les embarrasfinanciers résultant des charges de la guerre et d’unemauvaise administration, s’agitait et encourageait leParlement, toujours jaloux de jouer un rôle prépon-dérant dans l’État, à tenir en échec l’autorité royale.Le peuple s’en mêlant à son tour, des cabales on enétait venu à l’émeute, et la cour avait été obligée dequitter Paris pour se réfugier h Saint-Germain (jan-vier 1649).

Ce fut le signal d’une guerre civile qui, tout enméritant le nom d’un jeu d’enfant, — la Fronde , —que lui a conservé l’histoire, n’en troubla pas moinsprofondément les intérêts et plus encore peut-être lesconsciences. Les magistrats, maîtres de la capitale,s’unirent aux princes et aux jeunes seigneurs mécon-tents, le duc de Beaufort, le prince de Conti, lesducs de Bouillon, de Longueville, d’Elbœuf, etc.,qui se mirent à la tête des milices parisiennes. Heu-reusement pour la cour, le prince de Condé résista àfoutes les sollicitations qui lui furent adressées et pritle commandement des troupes royales; mais larégente et le cardinal eurent le regret — et l’éton-nement — de voir Turenne se déclarer pour lesFrondeurs. Il n’avait fallu rien moins que l'influencede son frère aîné, le duc de Bouillon, pour amener lemaréchal à une défection si contraire ù ses principeset à son caractère : l’espoir de recouvrer la princi-pauté de Sedan, patrimoine de sa famille, peut-être