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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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aussi le désir d’être le premier clans le parti opposé àcelui que favorisait son rival Condé, contribuèrentsans doute à le décider, et il annonça au Parlementqu’il allait lui amener les troupes restées sous sesordres au delà du Rhin, pour veiller à l’exécution dutraité de Munster.

11 était persuadé, en effet, qu’il conduirait où etcontre qui il voudrait une armée « où il était dansune vénération extraordinaire », et ces 12,000 à13,000 hommes, entrant dans Paris, eussent vraisem-blablement jeté un grand poids dans la balance. Leschoses ne se passèrent pourtant point ainsi : la grandemajorité des officiers et des soldats refusèrent deprendre parti contre le Roi. Ce n’était assurémentpas, comme l’ont dit quelques historiens français, parpatriotisme ou par attachement au devoir : l’un etl’autre sentiment étaient à peu près complètementinconnus à ces mercenaires, étrangers pour la plu-part, et Turenne lui-même, en dépit de l’incontes-table ascendant qu'il exerçait sur eux, savait bienqu’il ne les entraînerait qu’en leur offrant beaucoupd’argent. Il ne manqua pas de leur en promettre;mais Mazarin fit mieux : il leur en donna. Le lieute-nant général d’Ërlach, désigné pour remplacer lemaréchal, avec lequel il était en assez mauvaistermes, fut chargé de distribuer une somme de800,000 livres, et cette largesse opportune décidade la lidélité de l’armée d’Allemagne. Quelques régi-ments, qui avaient d’abord consenti à suivre Turenneau delà du Rhin, ne tardèrent pas à l’abandonner, desorte qu’il dut se réfugier presque seul auprès de lalandgrave de liesse, puis en Hollande, chez son oncle

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