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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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envoyait contre lui une armée aux ordres du maré-chal du Plessis-Praslin.

Aux termes du traité de Stenay, les Espagnolsdevaient fournir à Turenne, outre d’importants sub-sides en argent, un secours de « 2,000 hommes depied et de 3,000 chevaux effectifs ». L’archiducaurait désiré qu’avec son armée ainsi renforcée, lemaréchal opérât en Champagne, tandis que lui-mêmeentrerait en Picardie et chercherait à se rendre maîtredes places frontières. Mais il ne voulut pas adhérerà ce plan, d’abord parce qu’il se doutait bien qu’en levoyant isolé, du Plessis commencerait par réunirtoutes ses forces pour l’accabler, ensuite parcequ’il comprenait que ses alliés ne cherchaient qu’àreprendre à la France les places fortes quelle leuravait enlevées dans les dernières campagnes : ilvoulait bien se servir d’eux pour atteindre le butparticulier qu’il avait en vue, mais non point contri-buer à l’abaissement et au démembrement de sapatrie. C’est pourquoi il refusa le rôle qu’on lui des-tinait et rejoignit l’armée espagnole en Flandre.Placé alors par l’archiduc, qui néanmoins conservaitle commandement supérieur, à la tête des 17,000 à18,000 hommes réunis sur la frontière française, ilcommença par investir le Catelet, qui se rendit aprèsune courte résistance, et, sur la fin de juin, vintmettre le siège devant Guise.

Cependant, le maréchal du Plessis s’était avancépar Saint-Quentin et avait pris position près de Lan-drecies, sur les communications des Espagnols; ilmanœuvra habilement pour leur couper les vivres, etcomme d’ailleurs les chemins défoncés par les pluies