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les empêchaient de se ravitailler facilement, Turennefut obligé de renoncer à son entreprise (2 juillet). Ilse rabattit alors sur la Capelle, qu’il prit en dixjours, et chercha à déterminer l’archiduc à marcherdroit sur Paris, dont la route se trouvait ouverte ; ilconvient de faire observer qu’au double point de vuemilitaire et national, le maréchal ne voyait aucundanger à entraîner ainsi l’ennemi au cœur de laFrance, parce qu’une clause spéciale du traité deStenay stipulait que toutes les places que l’on pour-rait prendre à l’intérieur du royaume lui seraientremises à lui-même, et il espérait délivrer d’autantplus facilement les princes enfermés dans le châteaude Vincennes que le soulèvement de Bordeaux avaitforcé Mazarin à partir pour le Midi avec ce qui luirestait de troupes. Mais les Espagnols, précisémentparce qu’ils n’avaient rien à gagner à celte marche surParis, rejetèrent le plan de Turenne comme troptéméraire. « Le bonheur du maréchal du Plessis lesauva d’un déplaisir que rien ne pouvait l’empêcherd’avoir, si l’on eût tenté la chose. La disposition desaffaires le fera bien juger ainsi, car si le maréchal deTurenne avait pris ce parti, qui s’y pouvait opposer?Le dessein n’eût-il pas été exécuté avant que le maré-chal du Plessis eût pu être à moitié chemin pour s’yopposer (')? »
Après celte alerte, du Plessis jugea prudent de serapprocher de Paris et vint camper à Marie, sur laSerre ; puis, Turenne s’étant porté sur Vervins avec
(') Mémoires du maréchal du Plessis. Toutefois, celui-ci setrompe en attribuant le projet aux Espagnols et en disant que cefut Turenne qui refusa de l’exécuter.