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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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tellement blessé dans ce combat. Quelques joursaprès, Turenne écrivait simplement à sa sœur : « Ils’est passé quelque chose à Gergeau (Jargeau) quin’est pas de grande considération. » Mais le maréchaldu Plessis a parlé tout autrement de cette affaire.« L’on peut dire que jamais la France n’avait étédans un péril plus grand, car si le passage de Jargeaueût été pris dans le moment que Leurs Majestés pas-saient dans la plaine qui est voisine, il n’y avait paslieu de sauver leurs personnes (’). » La reine en jugeaainsi, car, d’après Ramsay, elle dit au maréchal« qu’il venait de sauver l’État ». La cour se renditensuite à Gien, où elle fit séjour, la présence deBeaufortet de Nemours dans le voisinage ne lui per-mettant pas de s’écarter de la Loire pour le moment.

L’armée des princes n’était pas fort à redouter,car ses deux commandants se livraient à des querellesincessantes,> et elle resta plusieurs jours dans l’inac-tion, près de Lorris, entre Orléans et Montargis. 11est vrai qu’à la place de ces deux chefs, sans expé-rience et sans talents militaires, il lui vint, peu après,un véritable général : Condé lui-même qui, abandon-nant brusquement la Guyenne refroidie et divisée,avait traversé à cheval la moitié de la France pourse mettre à la tête des seules troupes avec lesquelles ilpût tenter quelque chose de sérieux. N’ayant aucunrenfort à leur amener, il était parti d’Agen avec8 gentilshommes, déguisés comme lui, et, le 1 er avril,avait pu rejoindre Beaufort et Nemours, dont lamésintelligence était alors au comble. Le prince

(') Mémoires du maréchal du Plessis.