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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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Ponls-de-Cé, elle se décida à revenir vers Paris, oùles partisans du prince de Condé et du duc d’Orléansentretenaient une dangereuse agitation; il fut résoluqu’on remonterait à petites journées la rive gauche dela Loire afin de s’assurer des villes qui sont situéessur ce fleuve. Tours, Àmboise, Blois, etc., ouvrirentleurs portes; mais les habitants d’Orléans, excités parla célèbre « Mademoiselle», fille de Gaston d’Orléans,se prononcèrent pour le prince dont leur cité formaitl’apanage. Cette résistance trouvait, il est vrai, unpoint d’appui assez sérieux dans une armée de 14,000à 15,000 hommes, réunie à Montargis sous les ducsde Beaufort et de Nemours, pour le compte de« Monsieur » — c’était, comme on sait, le nom donnéau frère du Roi — et du prince de Condé. En appre-nant que la cour était partie le 28 mars de Clérypour s’acheminer vers Sully-sur-Loire, Beaufort etde Nemours se rapprochèrent du fleuve dans le des-sein d’occuper le pont de Jargeau : avec un peu depromptitude, on pouvait se saisir du passage, peut-être même s’emparer de la personne du Roi, et lebaron de Sirot, qui s’était jadis distingué sous Condéà Rocroy, fut dépêché en avant avec 4 bataillons etquelque cavalerie. Mais Turenne avait pressenti ledanger, et, tandis que Sirot se rendait maître dufaubourg de la rive droite de la Loire, le maréchalse jetait avec 200 hommes dans la ville et faisaitbarricader à la hâte l’entrée du pont. Il donna ainsià quelques régiments qui étaient dans le voisinage letemps d’arriver, culbuta les assaillants, les refoulasur la rive opposée et rentra dans Jargeau après avoireu soin de faire rompre deux arches; Sirot fut mor-