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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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ne crûmes pas le devoir attaquer. Cela se passa encoups de canon et enfin il se retira ( 1 ). »

Ce récit est suffisamment exact et complet en cequi concerne l’attaque de Bléneau et la défaite dumaréchal d’IIocquincourt; mais il glisse un peu troplégèrement sur les circonstances de la rencontre entreCondé et Turenne, circonstances d’autant plus inté-ressantes que ces deux grands généraux se trouvaientpour la première fois opposés l’un à l’autre. Le maré-chal, qui avait cru tout d’abord à une tentative duduc de Nemours sur Bléneau et ne s’en élait pas misfort en peine, ne tarda pas à reconnaître, aux dispo-sitions et à la vigueur de l’attaque,' que c’était Condéqui commandait en personne. Aussitôt il donna ordrede réunir sa cavalerie et, comme il importait avanttout de barrer la route de Gien f), il se porta enavant avec les 2,000 hommes de pied et les quelquescentaines de chevaux qu’il avait sous la main. Aupoint du jour, il s’arrêta au delà d’Ouzouer-sur-Trézée, dans une position qui lui permettait de tenirtête aux forces bien supérieures de son adversaire.Son front élait couvert par un bois marécageux et

(>) Condé à M lle de Montpensier, 8 avril 1652.

( 2 ) C’est ce que Napoléon a perdu de vue lorsque, tout enlouant l’habileté que Turenne déploya ce jour-là, il rappelle que« les règles de la guerre veulent qu’une division d’une arméeévite de se battre seule contre toute une armée qui a déjà obtenudes succès ». Selon le commentaire de Sainte-Hélène, “ Turenne,aussitôt qu’il eut réuni sa cavalerie, devait se retirer du côté deSaint-Fargeau pour revenir ensuite en avant, mais seulementaprès sa jonction avec le maréchal d’Hocquincourt ». Or, s’il eût■ainsi manœuvré suivant les règles, Condé aurait eu toute facilitépour enlever la cour et n’y eût certainement pas manqué.