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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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par un étang, entre lesquels courait une chausséeque balayait le l'eu de l’artillerie royale, avantageu-sement postée en arrière sur une petite hauteur.Condé essaya de forcer le passage, et Turenne, pourl’attirer, fit mine de battre en retraite. Mais quandil vit la cavalerie ennemie engagée dans le déülé, ilrevint sur elle, la refoula et démasqua sa batterie,qui, suivant l’expression du duc d’York, témoin ocu-laire ('), « fit une terrible exécution ». Qn vient devoir que Condé se borna à entretenir la canonnadejusqu’au soir. A la nuit, chacun se relira de son côté :Condé à Chàtillon-sur-Loing, Turenne à Briare, oùd’Hocquincourt vint le rejoindre avec ce qu’il avait,pu rallier de son corps d’armée. La cour, qui avaitpassé la journée dans une vive émolion, et songeaitdéjà à se réfugier à Bourges, resta provisoirement àGien.

Grâce à la ferme attitude de Turenne, le succèsremporté sur d’IIocquincourt était assez insignifiantau point de vue militaire ; mais il pouvait avoir unecertaine importance politique et ce fut pour l’ex-ploiter que le prince de Condé se rendit sans retardà Paris; comme il emmenait avec lui le duc de Beau-fort et le duc de Nemours (ce dernier avait été blesséà l’attaque de Bléneau), le commandement des troupes« du parti » échut au comte de Saulx-Tavannes, quiles concentra autour de Montargis et se borna à ob-server les mouvements de l’armée royale.

Turenne, voyant que l’ennemi se tenait sur l’ex-

(') Les Mémoires du duc d’York commencent au combat doKléneau et vont, comme ceux do Turenne, jusqu’à la paix dosPyrénées.