pecl.al.ive, résolut de ramener la cour dans les'envi-rons directs de Paris. Dérobant adroitement sa mar-che à Tavannes, il se porta de Gien à Saint-Fargeau,et de là droit sur l’Yonne, qu’il redescendit jusqu’àMontereau; ensuite il alla passer le Loing à Moret,traversa la forêt de Fontainebleau et vint prendreposition entre Châtres (*) et Linas, de façon à s’inter-poser entre Paris et l’armée des princes; la cours’établit à Corbeil, en attendant que les événementslui permissent, de rentrer à Saint-Germain (23 avril).Quand Tavannes eut été enfin averti du mouvementqui s’opérait tout autour de lui, il se dirigea en grandebâte sur la Ferté-Alais; mais l’ennemi l’y avait de-vancé et il prit le parti de se replier sur Étampes,« le grenier de la Beauce », où il était du moinsassuré que les subsistances ne lui manqueraient, pas.
Pendant ce temps, Coudé s’efforçait vainementd’intéresser à sa cause le Parlement et la bourgeoisie ;Paris était toujours fort excité contre le cardinal,mais ne tenait point à prendre parti pour les princescontre le Roi et. surtout répugnait plus que jamais àmie alliance avec les Espagnols. Condé entama alorsdes négociations avec la cour, qui s’était transportéeen dernier lieu à Saint-Germain, en vue d’arriver àun accommodement ; mais on ne put ou on ne voulutpoint s’entendre, et Turenne ayant appris que « Ma-
(') Aujourd’hui Arpajon; cetto petite ville a porté le nom deChâtres jusqu’en 1720, époque à laquelle elle fut érigée en mar-quisat en faveur d’un gentilhomme du Rouergue qui lui donna lenom de sa famille. Au lieu de Châtres, quelques auteurs ont crudevoir dire : Chartres, mais la question n’est douteuse à aucunpoint do vue.