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Void, de Ligny et de Commercy (seconde quinzainede novembre).
Cependant le duc d’Orléans, ayant fait sa soumis-sion, avait réclamé au prince de Condé les troupesqui avaient été jadis levées sous son nom — l’anciencorps du duc de Beaufort — et il avait bien fallu quele prince les congédiât. D’autre part, aux approchesde l’hiver, les Espagnols se séparèrent de lui, en luiremettant la patente de généralissime des arméesd’Espagne (23 novembre). Deux jours après, Turenne,qui, après la chute de Bar, avait pris position à Saint-Dizier, partait de cette ville pour offrir le combat àson rival, et le poussait jusqu’aux frontières duLuxembourg, qu’il le contraignait enfin à repasser(1 er décembre). Il ne restait plus qu’à reconquérir lesvilles dont le prince s’était rendu maître. Turenne yfut aidé par Mazarin, qui, à la nouvelle des événe-ments de Paris, avait quitté son exil et levé « quatremille hommes des mieux faits », de façon à rentrerdans le royaume non en ministre empressé d’allerressaisir sa place, mais en général désireux de s’em-ployer avant tout contre l’ennemi. Turenne, La Ferléet lui menèrent rapidement cette campagne d’hiver.Bar-le-Duc fut repris le 17 décembre, Ligny le 22,Château-Porcien le 12 janvier, Vervins (dont lesEspagnols s’étaient emparés en dernier lieu) le 28.Enfin, un froid excessif vint interrompre les opéra-tions ; l’armée prit ses cantonnements dans les envi-rons de Laon, et le cardinal revint à Paris avec lemaréchal, qui fut accueilli à la cour avec les plusgrands égards ; c’était bien le moins qu’on pouvaitfaire pour l’homme qui, à plus d’une reprise, dans le