II. — CAMPAGNES DE 1653 A 1655. — (1653) Invasion desEspagnols en Fiance ; manœuvres de Turenne sur l’Oise et surla Somme. — (1654). Siège d’Arras; attaque des lignes espa-gnoles. — (1655). Opérations sur la Sambre et sur l'Escaut.
Le retour triomphant de Mazarin à Paris marquale terme des troubles civils : on vit qu’il fallait sesoumettre ou se résigner à un pouvoir qui avaitrésisté à tant d’épreuves, et que des services signalésallaient affermir chaque jour davantage. 11 ne restaitplus en dehors des lois que le prince de Condé et lesquelques parents ou amis qui l’avaient suivi dans sonexil volontaire, et la France put désormais consacrertoutes ses forces à la guerre contre l’étranger. L’Es-pagne, de son côté, se préparait à reprendre la lutte.Cependant, si Philippe IV et son adroit ministre,don Luis de Haro, comptaient bien profiter des cir-constances qui mettaient à leur disposition un générald’une aussi rare valeur que Condé, ils entendaients’en servir et non pas le servir ; permettre au princede terminer la guerre par un succès éclatant, leurparaissait aussi dangereux que’de le laisser battre.D’autre part, la jalousie des chefs espagnols rendaitplus difficile encore la situation du nouveau « géné-ralissime »; c’est ainsi que le mauvais vouloir del’archiduc et du comte de Fuensaldana retardèrentlongtemps l’ouverture de la campagne de 1653;nullement secondé, souvent même entravé dans sesprojets, le prince ne put réunir avant le commence-