Buch 
Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
Entstehung
Seite
188
JPEG-Download
 

— 188

ment d’août l’armée avec laquelle il espérait réparerles revers essuyés aux mois de décembre et de janvierprécédents. Pourtant, grâce à la connivence de l’Em-pereur, qui, contrairement au traité de Westphalic,laissa de nombreux soldats allemands passer en Bel-gique par petites bandes, Condé finit par se trouverà la tête de 34,000 hommes (20,000 fantassins et•14,000 cavaliers) rassemblés, partie aux environs dela Capelle, entre les sources de la Sambre et cellesde l’Oise, partie dans le Luxembourg; la jonction deces deux corps devait s’effectuer aux environs deRethel, après quoi l’on marcherait sur Paris.

Bien que l’armée française n’eût pris ses quartiersd’hiver qu’en février, Turenne s’était remis en cam-pagne de meilleure heure. Inquiet des projets que lesagents secrets du gouvernement français à Bruxellesattribuaient au prince de Condé, Mazarin avait presséTurenne de prendre les devants : parti de Paris le10 juin pour prendre le commandement de sonarmée, le maréchal s’était tout d’abord porté, le2 juillet, au delà de l’Aisne, afin de s’opposer à laréunion du corps du Luxembourg avec l’armée deFlandre. Mais bientôt, averti que Condé était loind’être prêt et calculant qu'il aurait bien « huit ouneuf jours de sûreté pour entreprendre le siège deRethel sans avoir l’armée des ennemis sur les bras »,Turenne se dirigea vers cette place, l’investit brus-quement le 5 juillet et en emporta les dehors dèsle premier jour. Rethel, que la rigueur de la saisonavait seule empêché de reprendre en même tempsque les autres forteresses do l’Aisne, avait en ce temps-là une grande importance stratégique : en effet, elle