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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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ments de l’adversaire, c’est le parti le plus assuré ».

Ce parti, que le maréchal de la Ferté fut le pre-mier à appuyer, finit par prévaloir, et l’on peut direavec Turenne que « ce fut ce qui rendit cette entrée(des Espagnols) en France de nul effet ». Le Roi et lecardinal s’en revinrent à Paris et le maréchal, auquelLa Ferté étaitadjoint, mit aussitôt son plana exécution.Il passa sur la rive droite de l’Oise, et comme l’ennemiavait abandonné la direction de Chauny pour seporter vers Ilam et Roye, l’armée royale vint prendreposition aux environs de Noyon ; toutefois, Turennene songea pas à secourir Roye, que l’ennemi prit endeux jours (5 août), cette place « n’étant qu’unepetite ville que l’on ne pouvait pas garder ». Quelquesjours après, ayant appris par une lettre interceptéequ’un grand convoi de vivres destiné à l’arméeennemie était sorti de Cambrai avec une escorte de3,000 chevaux, il alla passer la Somme à Ilam,gagna Péronne par une marche de nuit (11 août) et,prenant les devants avec 3,000 cavaliers, courutjusqu’à Bapaume dans l’espoir d’enlever ce convoi.Mais celui-ci avait eu le temps de rentrer dansCambrai et Turenne se posta à Manancourt, au nordde Péronne, pour couper les communications des Espa-gnols avec leur place de ravitaillement. Au bout dequelques jours, manquantdetoutet hésitant à s’avancerdans un pays où ils n’avaient aucune place de sûreté,n’osant pas davantage entreprendre des sièges quel’ennemi était toujours à portée de traverser, ilsse trouvèrent dans une grande perplexité, comme lemaréchal l’avait prévu. Enfin, ils se décidèrent àremonter vers le nord, évacuèrent Roye, franchirent

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