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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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jeune roi. Les avis y furent très partagés, non passur la conduite générale à tenir — car Mazarin, ettout le inonde avec lui, estimaient avec raison qu’ilfallait éviter toute rencontre et ruiner l'armée enne-mie en faisant traîner la guerre en longueur — maissur les moyens d’exécution. Les uns pensaient qu’ilfallait continuer à descendre la rive gauche de l’Oiseà la hauteur de l’armée espagnole, de lapon à cou-vrir successivement Compiègne, Creil, Pont-Sainte-Maxence et enfin Paris, si l’ennemi poussait scsravages jusqu’aux portes de la capitale. D’autres,craignant surtout de voir Condé s’établir fortementen Picardie et de là rançonner tout le nord de laFrance, demandaient qu’on disséminât l’armée dansles places fortes, qui étaient fort dépourvues, et qu’onne gardât qu’un faible corps de cavalerie pour obser-ver les mouvements de l’armée espagnole. Quant àTurennc, il soutint, « malgré le sentiment contrairede toute l’armée », qu’il était préférable de « passerla rivière d’Oise du même côté qu’étaient les ennemiset de se loger toujours à deux heures d’eux dans uncamp fort sûr, leur donnant à juger que l’on arrive-rait toujours peu de temps après eux devant la placequ’ils voudraient assiéger » ; en « côtoyant » ainsil’ennemi, on obtiendrait un résultat beaucoup plusavantageux qu’en émiettant l’armée ou en la tenantà l’abri derrière l’Oise. Sans doute, — et le maré-chal en convient dans ses Mémoires — cela pouvaitdevenir dangereux, « car l’ennemi peut marcher àvous et combattre »; mais, ajoute-t-il, « quand on aune bonne armée, quoique plus faible, et que l’onprend bien garde comme on campe et aux mouve-