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quitté de son côté les environs de Péronne et étaitvenu se poster à Golancourt, à une lieue au sud dellam. Quand il sut que l’ennemi s’acheminait vers laChampagne, il se porta aussitôt vers l’est. Néanmoins,il ne crut pas pouvoir secourir Rocroy, d’une part,parce que « la situation était trop avantageuse pourle premier arrivé, à cause des grands bois qui sontautour de la place », d’autre part, parce que Mazarinespérait que la mauvaise intelligence de Gondé et del’archiduc amènerait la levée du siège. Mais, pour nepoint rester inactif, le maréchal résolut d’aller pren-dre Mouzon, « ville plus importante alors pour lesFrançais que n’était Rocroy pour les ennemis ».L’armée royale passa l’Oise à La Fère, la Meuse àRemilly, et le 9 septembre arriva en vue de Mouzon.La tranchée fut ouverte en même temps devant cetteplace et devant Rocroy ; cependant la première suc-comba quatre jours avant l’autre (2G septembre). Cesuccès compensait, et au delà, la perte probable deRocroy; cela n’empêcha pas Tu renne, averti queCondé, malade, ne prenait plus aucune part à la con-duite des opérations, de chercher à troubler tout aumoins le siège; il avait fait la moitié du chemin lors-qu’il apprit que la capitulation venait d’être signée(30 septembre).
La prise de Rocroy fut le seul avantage de cettecampagne, commencée par Gondé deux mois aupara-vant à la tête d’une armée si considérable pourl’époque et avec l’espoir de si grands succès. Aprèscette maigre conquête, les Espagnols ne firent plusque des marches et des contre-marches, sans riententer d’important. Ils ne tentèrent rien, notamment,