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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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pour secourir Sainte-Menehould, dont le siège, entre-pris par le maréchal du Plessis-Praslin, était couvertdu côté du nord par Turenne, et du côté de l’est,contre les entreprises possibles du duc de Lorraine,par le maréchal de la Ferté. La ville, très vaillammentdéfendue par le comte de Montai, n’ouvrit ses portesque le 27 novembre. A cette époque, l’armée espa-gnole était déjà rentrée en Flandre et, au commence-ment de décembre, les Français purent prendreleurs quartiers d’hiver.

Pour eux, les résultats matériels de la campagneétaient déjà assez satisfaisants puisque, s’ils avaientperdu Rocroy, ils étaient rentrés en possession deRetliel, de Mouzon et de Sainte-Menehould. Mais cen’était là que peu de chose auprès de l’invasion étran-gère arrêtée dans sa marche, paralysée, enfin anni-hilée, et cela sans combat et sans pertes, par lesseules combinaisons et les habiles manœuvres f 1 ) d’ungrand capitaine ; il y avait là moins d’éclat, mais plusd’avantages que dans une victoire. Sans doute, il fautreconnaître avec Napoléon que « si le parti que pritTurenne était convenable dans de pareilles circon-stances, il eût été bien dangereux dans toute autre con-joncture » ; que « côtoyer une armée double en forcesest une opération bien difficile, car il est bien peu depositions assez fortes pour pouvoir protéger une armée

(') Il n'en est que plus fâcheux que dans leurs Mémoires lestémoins (et acteurs) de cette belle campagne n’aient cru devoirentrer que trop rarement dans le détail des opérations. On en estainsi réduit à n’exposer que les mouvements d’ensemble et lesrésultats généraux ; cela peut satisfaire l’historien, mais le tacti-cien regrettera toujours que des éléments plus précis d’informa-tion lui fassent défaut.