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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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si inférieure en nombre »; même que Turcnne par-fois « campa dans de mauvaises positions où sonarmée était compromise, telles qu’à Mont-Saint-Quentin » ; mais quelques faux mouvements n’enlè-vent rien au mérite de la conception, non plus qu’aumérite de l’exécution en général, et Clausewitz estdans la vérité lorsqu’il dit : « Ce sont des manœuvresstratégiques par excellence que celles que fit Turennedans cette campagne et en même temps l’on y recon-naît des procédés tactiques qui n’ont plus été appli-qués que de notre temps (’). »

C’est, du reste, à propos* de la campagne de 1653que Napoléon a écrit ce passage justement célèbre :« Achille était (ils d’une déesse et d’un mortel :c’est l’image du génie de la guerre ; la partie di-vine de l’art, c’est tout ce qui dérive des considéra-tions morales, du caractère, du talent, de l’intérêt devotre adversaire, de l’opinion, de l’esprit du soldatqui est fort et vainqueur, faible et battu selon qu’ilcroit l’être; la partie terrestre, ce sont les armes, lesretranchements, les positions, les ordres de bataille,tout ce qui tient à la combinaison des choses maté-rielles. » Turenne n’a-t-il pas prouvé qu’il possédaitaussi bien l’une- que l’autre dans sa lutte contreCondé, égal en activité et en énergie, sinon en géniestratégique, et très supérieur en nombre, mais para-lysé par la jalousie et la mauvaise volonté de ceuxdont il servait la cause?

La campagne de 1654 ne s’ouvrit pas beaucoup

(') Ci.aüSkwitz, Hinlrrlassoie Werke. Bd. IX. StralrgischeBcleuchlung mehrcrer Féhlzügc Gustav-Adofp/i, Turenne undLuxembourg.