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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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un coup particulièrement sensible. Il n’entre pas dansnotre sujet de faire le récit de ce siège, dont la con-duite fut confiée à Abraham Fabert, gouverneur deSedan, très dévoué à Mazarin, qui voulait sans doutele récompenser en lui fournissant une occasion de sedistinguer. Comme on s’attendait à voir Condé accou-rir au secours de la place, Turenne et La Fer té furentchargés de couvrir le siège avec 15,000 hommes etprirent position sur les confins de la Champagne etde la Picardie.

Stenay avait été cerné dès le 19 juin ; toutefois, latranchée ne fut ouverte que le 3 _ , en présence

du Roi. Or, le même jour, Condé et l’archiduc péné-traient, non en Champagne, mais en Artois, avec unearmée de 30,000 hommes, et allaient mettre le siègedevant Arras. Cette grande place, qui n’avait étéréunie à la France qu’en 1040 et dont la populationétait en majorité favorable aui Espagnols, avait unegarnison de 2,600 hommes aux ordres de Jean deSchulemberg, comte de Montdejeu. Elle fut si brus-quement investie que 500 chevaux, détachés à Doul-lens, sur l’Authie (’), aux ordres du lieutenant généralde Bar et des maréchaux de camp d’Esquancourt etde Saint-Lieu, ne purent être rappelés à temps et neparvinrent à rentrer dans la ville deux jours après(5 juillet) qu’au prix de pertes considérables.

Le danger que courait Arras causa de vives

(') “ En reconnaissance », disent plusieurs autours, « pourcouvrir les places d’Arras, de Béthune ot de la Bassée », selonTurenne lui-même. On ne s’explique pas bion cotto destination,Doullens étant situé au sud-ouest d'Arras, dans la direction exac- ,tement opposée à celle que devait suivre l’ennemi.