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angoisses à Mazarin : « il n’y avait pas d’apparenceque les ennemis fissent un siège aussi considérable »et l’on pensait qu’ils se borneraient à prendre Béthuneou bien la Bassée. Cependant, on ne voit nulle partdans la correspondance du cardinal qu’il ait offert àTurcnne, comme on l’a prétendu, de lever le siège deStenay, si les troupes qui y étaient employées sem-blaient nécessaires pour faire face à l’armée espa-gnole; au contraire, Fabert fut invité à redoublerd’efforts pour se rendre maître de la ville. En atten-dant, Turenne et La Ferté, qui étaient à La Fère,reçurent l’ordre de se rapprocher d’Arras pourinquiéter les assiégeants et tâcher de leur couper lesvivres. Les deux maréchaux, qui n’avaient ensembleque 14,000 à 15,000 hommes, s’avancèrent avec pré-caution, de peur d’être amenés malgré eux à livrerbataille, ce qui eût pu leur devenir funeste dans unpays aussi découvert et avec une telle disproportionde forces. Ils se portèrent d’abord à Péronne et lepremier soin de Turcnne fut de jeter du secours dansArras, avant que les Espagnols eussent complète-ment achevé leurs lignes de contrevallation et decirconvallation, auxquelles 12,000 pionniers travail-laient jour et nuit. Le chevalier de Créqui tental’entreprise avec 500 chevaux et réussit à passer, le13 juillet, en laissant toutefois la moitié de sonmonde entre les mains de l’ennemi. Le 15, l’arméeespagnole, répartie en cinq corps aux ordres del’archiduc Léopold, du prince de Condé, du comtede Fuensaldaiia, de don Fernando de Solis (Italiens)et du comte de Ligneville (Lorrains), ouvrait la tran-chée devant la ville entièrement cernée. Ce même