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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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Le maréchal était effectivement résolu à en venir,sans plus tarder, à une action décisive; la résistancede Montdejeu devait être bien près de toucher à sonterme — il avait fait savoir la veille qu’il commençaità manquer de poudre — et grâce aux renforts expé-diés non seulement de Stenay, mais encore de Péronne,où Mazarin. s’était transporté avec la cour, l’arméefrançaise était maintenant de force à se mesurer avecl’armée espagnole : cette dernière ne comptait plusguère que 26,000 à 27,000 hommes, tandis queTurenne disposait de « 17,000 hommes de pied mar-chant sur les rangs, 11,000 chevaux et 4,000 offi-ciers, sans compter ce qui sortirait de la place pourfavoriser les attaques » ( l ). En outre, l’archiduc nesavait plus comment se procurer des subsistances, r et,dans de telles conditions, « ce qu’il avait de mieux àfaire était de se retirer en passant sur le ventre dumaréchal d’IIocquincourt, qui eût été taillé en piècesavant que le maréchal de Turenne, trop éloignéde lui, pût arriver à temps pour lui donner du

marche imprudente : “ Je n’aurais pas osé tant hasarder du côtéde Condé. Mais ayant servi sous les Espagnols, je connais leurscoutumes : Ferdinand de Solis, qui commande le quartier que jereconnais, n’osera rien entreprendre de son chef. Il préviendraFuensaldagne, qui enverra avertir l’archiduc; celui-ci feraappeler Condé et on tiendra un conseil de guerre, pendant lequelj’aurai le temps de rentrer dans le camp. » Les choses ne sepassèrent pas d’ailleurs autrement.

(') Mazarin au maréchal de la Meilleraie, 24 août 1654.(Archives du ministère des affaires étrangères de France.) Lacorrespondance du cardinal, fort intéressante à étudier, montreavec quelle activité et avec quelle sollicitude il s’occupait desaffaires militaires. On sait d’ailleurs que ce grand politique,auquel on a reproché bien à tort de manquer de courage per-sonnel, avait servi dans sa jeunesse en Italie.