204 —
/
taient à 8,000 hommes environ; dès que Turenneeut avis de leur approche, il se porta à leur ren-contre avec 2,000 chevaux, les amena non à soncamp de Monchy, mais à Aubigny, de l’autre côtéd’Arras, afin de s’emparer de Saint-Pol, dont la pos-session était si utile l’ennemi pour son ravitaille-ment. La ville ayant été emportée le 20 août sansbeaucoup de diflicultés, les deux maréchaux serabattirent sur le mont Saint-Éloi, grande abbayesituée à 8 kilomètres au nord-ouest d’Arras, dansune position très forte, et dont la prise allait per-mettre de resserrer les Espagnols d’encore plus près.Canonnés pendant toute la journée, les 500 hommesqui défendaient l’abbaye se rendirent à discrétion,sans que les leurs eussent rien fait pour les secourir ;après quoi, laissant d’IIocquincourt s’établir dansl’angle formé par le confluent de la Scarpe et d’unde ses affluents, au lieu dit « le camp de César »,Turenne s’en revint à Monchy en longeant les lignesespagnoles du côté du nord à une demi-portée decanon, ce qui lui permit d’en faire une reconnais-sance approfondie (').
vernement de Péronne. On ne s’étonnera donc pas que le cardinalait voulu “ pressentir si M. de Turenne ne serait pas choqué dece que M. le maréchal d’Hocquincourt allait commander lestroupes qui venaient du siège de Stonay. Mais dans une situationaussi importante, M. do Turenne croyait qu’il ne pouvait pas yavoir trop de troupes ni trop de chefs, et M. le maréchal de laFerté fut aussi du môme avis ». ( Mémoires de Turenne.)
(') Le duc d’York, dont les Mémoires sont particulièrementutiles à consulter pour tout ce qui concerne le siège d’Arras, ditque « c’est la seule fois qu’il ait entendu blâmer Turenne d’ex-poser son monde sans nécessité ». Et le duc rapporte cettepiquante réponse du maréchal aux officiers qui trouvaient sa