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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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léon, ce n’est que par le feu que l’on défend deslignes, et l’armée espagnole, comptant plus de cava-lerie que d’infanterie, était hors d’état de s’opposerefficacement à l’irruption de l’ennemi, dès l’instantqu’il menaçait sur plusieurs points à la fois. Turcnnene trouva donc que fort peu de résistance devant lui,ce qui fut heureux, dit-il, car « toutes les troupesavaient conçu cette action comme une chose si diiïi-cile qu’il n’y avait que les officiers et quelques sol-dats qui s’opiniâtraient à s’attacher au parapet et lereste des régiments demeurait à la campagne sans oserapprocher ». L’avant-fossé fut emporté sans peine;puis, quand les pionniers eurent arraché les palis-sades, comblé les trous de loup et organisé le passagedu grand fossé, l’infanterie et ensuite la cavalerieenvahirent les quartiers espagnols.

Le maréchal de la Fcrté n’avait pas été si heureux ;il avait vu ses attaques repoussées par les troupes deFuensaldana, qu’étaient venues appuyer une partiede celles de l’archiduc. Au surplus, il ne s’entêtapoint dans son entreprise, rejoignit Turenne etpénétra ù sa suite dans les lignes ennemies. C’est ceque fit également d’IIocquincourt, dont l’arrivée unpeu tardive, coïncidant avec une sortie opportune deMontdejcu, précipita la retraite désordonnée desEspagnols. Ceux-ci eussent été complètcmênt taillésen pièces si le prince de Condé, averti ù 5 heuresdu matin seulement des progrès des Français ('), ne

(') Si extraordinaire que cela paraisse lorsqu’on examine latopographie des lieux, il parait constant que le bruit du combatne parvint pas jusqu’il Condô. « Le vont et l’éloignement, ditDesorrncaux ! Histoire du prince de Condé), le lui avaient dérobé et