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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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se fût porté à leur rencontre. Il lit rapidement letour de la place en passant par les quartiers del'archiduc, auquel il conseilla du reste de se mettreimmédiatement en retraite, tomba sur les soldats deLa Ferté occupés à piller les bagages de l'ennemi etn’eut pas de peine à les culbuter. Mais Turenne, quiavait rallié ses troupes, fît si ferme contenance que leprince ne songea plus qu’à se retirer à son tour; il sereplia en bon ordre sur Cambrai, emmenant un cer-tain nombre de prisonniers, tandis que le reste del’armée espagnole gagnait précipitamment Douai,puis Mons.

Les historiens racontent qu’en apprenant les évé-nements d’Arras, le roi d’Espagne écrivit au princede Condé : « J’ai su que tout était perdu et que vousavez tout sauvé. » Assurément, Philippe IV avaitraison de remercier le prince et. surtout de faire res-sortir le contraste de sa conduite avec celle des géné-raux espagnols; c’était pour son compte une trèsbelle action, mais elle n’empêchait pas la déroute desdeux tiers de l’armée où il servait, la perte du canonet du bagage (’), enfin la levée du siège d’Arras ; et

M. de Tracy, qui devait lui livrer une fausse attaque, était restéimmobile dans le vallon, n Le fait est confirmé par les Mémoiresdu duc d’York, qui s’exprime ainsi : “ M. de Tracy avait ordrede marcher sans bruit dans un fond à la demi-portée du canondes lignes et d’y rester sans rien entreprendre que quelquetemps après que M. de Turenne aurait commencé son attaque,dont on supposait qu’il devait entendre le bruit. Il arriva toutautrement à cause que le vent était contraire et assez grand.M. de Tracy ne put rien entendre et, le jour venu, il supposa quequelque accident avait empêché l’exécution du dessein. »

(') La lutte ne fut pas très sanglante : en tués ou blessés, lesEspagnols perdirent un millier d’hommes, les Français à