— 217
en dehors de la sphère des armées françaises pourqu’on pût la garder et s’en servir, et d’ailleurs Condé,inquiet des projets de l’ennemi, s’était rapproché peuà peu pour surveiller ses mouvements. En consé-quence, on rétrograda jusqu’à Bavay, dans l’inten-tion d’aller provoquer l’armée ennemie et, si ellerefusait le combat, de s’emparer à sa vue de quel-ques-unes des places de la frontière, notamment deCondé-sur-Escaut et de Saint-Ghislain. Mais ontrouva les passages de la Haine si bien gardés queTurenne proposa d’aller franchir l’Escaut entre Bou-chain et Valenciennes, pour revenir ensuite assiégerCondé. Au dire du duc d’Yorlc, ce sage parti neprévalut pas sans peine, le cardinal lui-même, tout'positif qu’il était d’ordinaire, « ayant représenté com-bien il aurait été glorieux d’avoir passé la rivière àla barbe d’une armée formidable » j 1 ).
, Le départ du jeune roi, que Mazarin ramena auQuesnoy, mit heureusement fin à cette période d’irré-solutions et de contre-marches, et Turenne passa surla rive gauche de l’Escaut le 13 août, à Neuville, enaval de Bouchain. Les Espagnols, qui avaient remontéparallèlement le fleuve, ne cherchèrent pas à s’y op-poser et s’établirent au Mont-Anzin, la droite à laforêt de Saint-Amand (ou de Vicoigne), la gauche àValenciennes, derrière de vieilles lignes qu’ils remi-rent promptement en état de défense. Quoique laposition fût très avantageuse pour eux, Turennerésolut de les en déloger et chargea le lieutenantgénéral de Castelnau de tourner les lignes du côté
(!) Mémoires du duc d’York.