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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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Vadencourt sur l’Oise, près de Guise, de façon àcouper les vivres aux assiégeants. Il n’atleignit pointson but, car Turenne avait eu la précaution d’appro-visionner son camp pour plusieurs semaines; parcontre, en envoyant des détachements « faire ledégât, » en Picardie, il alarma vivement la cour, quijugea prudent de se transporter de La Fère à Laon.Du reste, Landrecies ne tarda pas à succomber(14 juillet) et le prince, qui ne se sentait pas enétat d’engager une action décisive, décampa deVadencourt et se relira entre Mous et Valenciennes.

L’impuissance de l’armée ennemie se trouvant ainsibien constatée et une irruption en France ne parais-sant plus à craindre, Turenne et La Ferlé se ren-dirent à Guise, où le Roi et le cardinal vinrent lesrejoindre. 11 fut décidé que l’on s’avancerait le longde la'Sambre et qu’on pénétrerait dans le flainaut,mais sans projet bien arrêté et uniquement, à ce qu’ilsemble, pour donner au jeune Louis XIV la satisfac-tion d’entrer à la tête de ses troupes sur le territoireennemi. La marche de l’armée royale d’Avesnes jus-qu’à Bussière; près de Thuin, ne fut, en effet, qu’une« promenade » et l’on y rencontra si peu de diffi-cultés que l’on se demanda un moment si; selon l’ex-pression de Mazarin (*), on ne ferait pas « le voyagede Bruxelles ». Toutefois, le cardinal comprit que« celle bravade ne servirait de rien et qu’il fallaitentreprendre quelque chose de plus solide ». Ce futalôrs qu’on agita la question de savoir si l’on n’assié-gerait pas Namur ; mais celle place était alors trop

(') Mazarin à la reino-inorc, 1 er août 1055.