par le maréchal de Grancey. Quoi qu’il en soit, ceschangements, et ceux qu’ils entraînaient avec eux,empêchèrent les Espagnols d’être prêts à entrer encampagne avant le commencement de l’été.
Du côté des Français, il est vrai, le manque d’ar-irent avait encore retardé l’ouverture des hostilités et
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ce n’est que dans le courant de juin que Turennerassembla ses troupes en Picardie. On ne nourrissaitdu reste aucun grand projet; si Mazarin eût prêtél’oreille aux propositions de Cromwell, il se seraitlancé dans de vastes entreprises : en effet, le Protec-teur delà république d’Angleterre ne se proposait rienmoins que d’organiser en Europe une vaste confédé-ration protestante, c’est-à-dire de reprendre à sonprofit l’œuvre de Gustave-Adolphe, et, comme ceprince, il comptait trouver dans la France l’appuiqui lui était indispensable. Il ne se trompait pas, ence sens que Mazarin, comme Richelieu, estimait queles passions religieuses du siècle précédent avaientfait place aux intérêts politiques, et n’avait aucunscrupule de s’unir aux protestants contre les catho-liques , si ceux-ci contrecarraient des desseins quepouvaient favoriser ceux-là. Toutefois, le cardinaln’avait pas des visées aussi hautes que son illustreprédécesseur, et après avoir mis un frein à l’ambi-tion de la branche allemande de la maison d’Autrichepar le traité de Westphalie, il ne cherchait plus qu’àconclure avec la branche espagnole une paix quilaisserait à la France ses conquêtes d’Alsace, deLorraine, d’Artois, de Flandre et de Roussillon ; ense rapprochant de l’Angleterre, il avait surtout envue de se ménager les moyens de reprendre le lit-