— 224 —
loral de la Flandre, entreprise qu’une alliance avecune puissance maritime permettait seule d’aborderavec de sérieuses chances de succès. Il était doncnécessaire que Mazarin amenât Cromwell à entrerdans ses projets, sans s’obliger lui-même à secondertous ceux du Protecteur, et, en attendant queles circonstances lui permissent d’obtenir le con-cours de la Hotte anglaise, il se serait volontiers tenusur la défensive et n’aurait demandé qu’à se mainte-nir dans les positions récemment conquises sur laSambre et sur l’Escaut.
Turenne, au contraire, était d’avis qu’on devait« hasarder quelque chose, persuadé qu’à la guerre ilfaut toujours lâcher de faire de nouvelles conquêteset que dès que l’on se relâche on court risque de toutperdre ». C’est pourquoi il proposa d’aller surpren-dre Tournai, que l’on savait à peu près dégarni, etle cardinal se rendit à scs observations. Mais, bienque l’armée eût marché sur celte ville avec unegrande rapidité, Condé eut le temps d’y jeter destroupes et le maréchal, qui s’était avancé jusqu’àMorlagne, rebroussa chemin, « n’y ayant point d’ap-parence de faire un siège qui durât quelque temps,si avant dans le pays ennemi et par conséquent siéloigné de ses vivres et de ses munitions de guerre ».Il fut alors décidé que l’on mettrait le siège devantValenciennes, bien que l’entreprise présentât des dilli-cullés particulières et qu’on eût « assez de raisonspour craindre un mauvais succès ». D’un côté, l’arméefrançaise, ne comptant quel2,000 hommes de pied et8,000 à 9,000 cavaliers, n’était pas assez nombreusepour resserrer étroitement une place d’un périmètre
I