essayer de s'y opposer et le maréchal ne songea plusqii’à décamper. Les ordres furent aussitôt donnéspour faire évacuer la tranchée et en enlever lecanon ; mais cette opération ne put s’effectuer qu’àdemi, la panique des troupes de La Ferté ayantgagné le reste de l’armée et l’ennemi ayant d’ailleursenvoyé sur la rive droite, à travers la ville, un corpsde cavalerie dont la seule apparition causa un grandémoi.
Dans ces circonstances difficiles, Turcnnc montraun sang-froid et une fermeté que Napoléon déclaredignes d'admiration ('). Rassurant ses troupes par lecalme de ses dispositions et de son attitude, il effectuasa retraite en assez bon ordre, sous la protection de15 escadrons aux ordres du lieutenant général deBussy-Rabulin. Au reste, l’ennemi ne poursuivit passérieusement et l’on arriva sur le soir au Quesnoy,où l’on fit halte. Tous les officiers généraux étaientd’avis qu’il fallait regagner au plus vite Landrecieset rentrer ensuite en France pour se remettre; maisTurenne n’en jugea pas ainsi; il craignit qu’une pluslongue retraite ne démoralisât l’armée, ne jetât l’in-quiétude dans le pays et ne rendît l’ennemi plusentreprenant. Aussi prit-il résolument position à l’estdu Quesnoy, la gauche à la ville, la droite à la forêtde Mormal. « N’ayant pas d’outils pour faire degrands travaux et n’en voulant pas faire de petits,qui n’eussent donné que de la crainte », il ne se
(') Clausewitz, qui considère, de son côté, cctto retraite comme“ une des plus brillantes que l’on connaisse compare la situa-tion de Turenne avec ccllo dans laquelle sc trouva plus tard Fré-déric II, après les batailles de Hoclikircli et de Kunersdorf.