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franchirent le fleuve, en ayant soin de laisser à latête de leur camp les gardes ordinaires pour mieuxdissimuler leur mouvement, prirent rapidement leurordre de bataille en face des quartiers de La Ferté etarrivèrent au pied du retranchement sans avoir étéaperçus. A 1 heure du matin, ils attaquèrent sur unfront de six bataillons et emportèrent les lignes« avec peu de résistance de l’infanterie, qui fut fortmal secondée par la cavalerie ». La Ferté accourutavec quelques escadrons ; mais la confusion était sigrande qu’il ne put y remédier, et lui même fut faitprisonnier avec une grande partie de ses troupes,Au même moment, la garnison effectuait une sortieet bientôt donnait la main à l’armée de secours.
« Au premier coup de mousquet », les six régi-ments que Turenne avait spécialement commandéss’étaient dirigés en toute hâte vers la rive gauche ; lesdeux premiers franchirent immédiatement la digue,mais quand ils arrivèrent près des quartiers de LaFerté, ils s’aperçurent que l’ennemi en était déjàmaître et ils s’apprêtaient à rétrograder lorsqu’ilsfurent eux-mêmes attaqués et défaits. Pendant cetemps, le maréchal était obligé de faire face àl’attaque de Marsin, qui avait exécuté le mouvementinverse, c’est-à-dire était passé de la rive gauche del’Escaut à la rive droite ; cette attaque paraît avoirété assez mollement menée; néanmoins, elle suffit àretenir Turenne jusqu’au jour (lequel se lève vers3 heures à cette époque de l’année), et quand il put seporter vers le haut Escaut, il vit les lignes de LaFerté rompues et « toute l’armée ennemie en bataillequi marchait droit à la ville ». Il était trop tard pour