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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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tés; ils s’avancèrent vers Cambrai, restèrent quelquesjours entre cette ville et Bapaume, afin de « se ra-fraîchir », puis, enfin, se mirent en marche dans ladirection de Lens. A leur approche (1 er septembre),Turenne ne trouvant pas sa position assez sûre, reculajusque vers Béthune, « bien qu’il vit que cela faisaitun mauvais effet sur l’esprit de l’armée, encore unpeu étonnée de se retirer sur la venue de l’ennemi » ;il prit son camp près de la Buissière, sur la Lawe(affluent de la Lys), occupant par sa droite les hau-teurs de Iloudain. Le poste paraissait si avantageuxque les Espagnols, qui ne tardèrent point à paraître,trouvèrent l’attaque dangereuse ; Coudé ne s’en futpas effrayé, mais don Juan et Caracena refusèrent detenter l’entreprise et ramenèrent leurs troupes à Lens,puis à Douai.

Cette retraite « commença un peu à faire changerla situation des esprits dans les deux armées » ; néan-moins, Turenne se borna à suivre l’ennemi jusquedans les environs de Lens. Mais, peu de tempsaprès, informé que les généraux espagnols avaientenvoyé un détachement investir Saint-Ghislain etse proposaient d’en couvrir le siège avec le grosde leurs forces, il résolut de compenser la perte pro-bable de cette ville par la prise de quelque autreplace, qui relèverait du moins la réputation deses armes : il jeta son dévolu sur la Capelle-en-Thié-rache, au sud d’Avesnes, qui contenait des magasinsimportants, et qui était assez éloignée pour que Coudéet don Juan ne pussent soupçonner son dessein. Ausurplus, il n’hésita pas à faire un détour pour leurmieux dérober sa marche, revint sur Arras, « coula»