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le long de la Somme et parut à l’improviste devantla Capelle, le 22 septembre, ayant parcouru trentelieues en trois jours et trois nuits. Mazarin, qui s’étaitrendu à La Fère, lui envoya, avec des renforts et desvivres, l’artillerie et les outils nécessaires, et lesdehors de la place furent emportés avant que l’ennemieût pu faire aucun mouvement. Quand il arriva,les assiégeants avaient déjà opéré le passage du fosséet, comme ils s’étaient protégés, malgré le peu detemps qu’ils avaient eu, par une bonne circonvalla-tion, don Juan et Condé lui-même ne jugèrent pointà propos d’engager leurs troupes, qu’une longuemarche sous la pluie avait harassées. Le surlendemain27 septembre, la Capelle se rendit et Mazarin putécrire à la reine mère : « La marche des ennemis n’aservi qu’à rendre plus glorieuse la prise de la placeet leur honte plus éclatante d’avoir levé le siège deSaint-Ghislain pour venir voir prendre la Capelle. »Ils n’avaient nullement renoncé à s’emparer deSaint-Ghislain; mais, en présence de l’armée deTurenne, maintenant supérieure à la leur « d’aumoins 4,000 à 5,000 hommes» et tout à fait remisede son échec de Valenciennes, ils n’osèrent pasl’eprendre le siège. Condé, qui craignait pour Rocroy,y envoya des troupes, et les Espagnols s’établirent àMaubeuge. Leur découragement était tel que le jeuneroi, venu à l’armée avec le cardinal, put renouvelerimpunément la « promenade » en pays ennemi qu’ilavait faite l’année précédente ; toutefois, on ne
(0 Mazarin à la reine, 26 septembre 1656. (Archives desaffaires étrangères.)