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assurer les communications entre les deux rives del’Escaut. La place ne pouvait pas tenir bien long-temps; toutefois, « on n’avait aucune langue (nou-velle) de l’ennemi et on ne savait rien de M. le prince,qu’on croyait vers la Meuse ». Or, Condé se trouvaitnon pas sur la Meuse, mais bien aux environs deValenciennes, c’est-à-dire à une distance où il luiétait facile d’entendre le canon de Cambrai. Sonparti fut bientôt pris : quoiqu’il n’eût avec lui que18 escadrons (à peu près 3,000 chevaux), il résolutsinon d’attaquer de front un ennemi bien supérieur,du moins de se jeter dans la ville et d’en diriger lui-même la défense. A la vérité, il était tout d’abordobligé de se frayer un passage et il ne doutait pasque Turenne n’eût déjà pris ses dispositions pourl’arrêter. Effectivement, le maréchal avait commencépar masser sa cavalerie de manière à barrer la routequi vient de Valenciennes, par Bouchain ; puis réflé-chissant que le prince, qu’il savait n’être pas enforces, chercherait plutôt à pénétrer dans la placepar des chemins détournés, il modifia en conséquencela distribution de ses troupes. Mais Condé, précisé-ment parce qu’il connaissait la perspicacité de sonadversaire, jugea que ce serait sur la grand’routemême qu’il rencontrerait le moins d’obstacles; aussise présenta-t-il de ce côté, pendant la nuit du 30 au31 mai, n’y trouva que quelques escadrons qu’il cul-buta et arriva sous les murs de la place, dont il eutquelque peine à se faire reconnaître ( r ).
(') Telle est du moins la version de Bussy-Rabutin, suivie parpresque tous les auteurs et qui semble, somme toute, assez plau-sible. D’autres disent que Condé fut égaré par ses guides, ce que