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de canaux, de fossés (ivatergms), de digues, demarais, était inférieur au niveau de la mer et il n’yavait qu’à ouvrir les écluses, à marée haute, pour lesubmerger presque totalement. Les Espagnols n’yavaient pas manqué, et « c’était à travers cette napped’eau, d’où émergeaient çà et là quelques digues etdes dos de terrain formant îlot que l’armée du roiavait à Rouvrir un chemin jusqu’à Dunkerque » j 1 ).De Bergues, une seule route y menait : c’était ladigue du canal qui fait communiquer ces deux villes ;mais Bergues était entre les mains de l’ennemi, quiavait élevé en outre sur la Colme, au lieu dit BeentisMeulens, un ouvrage destiné à défendre le passagede cette rivière. Turenne trouva heureusement ungué sur la Basse-Colme et put enlever la redoute deBeentis Meulen. De là, il réussit à atteindre la diguedu canal de Dunkerque, en faisant raccommoder lesplus mauvais passages avec des madriers et des fas-cines, qu’il avait eu soin d’emporter en grande quan-tité, — ce qui n’empêcha pas les fantassins d’êtresouvent obligés d’entrer dans l’eau jusqu’à la cein-ture. Les Espagnols, qui se croyaient parfaitement àl’abri derrière leurs inondations, furent si étonnésde voir arriver les Français qu’ils ne songèrent mêmepas à défendre les ouvrages qu’ils avaient élevés lelong du canal, en avant de Dunkerque.
« Rien n’était plus capital, comme le dit Turenne,d’être logé sur le chemin de Bergues à Dunkerque»;et l’ennemi avait commis une grande faute en nedéfendant pas mieux cette ligne importante ; néan-
(') Colonel Boukblly, op. cit.