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moitié de leur cavalerie avait été envoyée aux four-rages. Don Juan d’Autriche ne s’inquiéta même pasquand il vit l’ennemi s’avancer, et il alla jusqu’àrépondre à Condé, qui lui signalait le péril, que lesFrançais « voulaient seulement enlever la gardeavancée » j 1 ). Bientôt, néanmoins, il lui fallut se ren-dre à l’évidence, et il se hâta de prendre son ordre debataille. Si les inégalités et la nature du sol n’avaientpas considérablement ralenti les mouvements deTurenne, l’armée espagnole eut été assaillie avantd’avoir pu se former; grâce à cette circonstance, elleeut le temps de se ranger, dans l’ordre que voici :à droite, sur les dunes qui bordent immédiatement lerivage, se trouvait toute l’infanterie (15 bataillons),déployée sur une seule ligne, et en arrière, maisappuyant plutôt vers la gauche, 40 escadrons, surdeux lignes; don Juan d’Autriche dirigeait cette aileen personne; le duc d’York et le marquis de Cara-cena commandaient sous lui. A gauche,dans les prai-ries coupées de canaux et de fossés qui longent lecanal de Fûmes, Condé était à la tête de 22 esca-drons, qu’il avait dû 'placer sur cinq lignes, fauted’espace pour se déployer. On a vu plus haut quel’armée espagnole était forte d’environ 14,000hommes; mais, par suite de l’absence d’une partie
(‘) Mémoires du duc d'York. C’est également le duc d’Yorkqui rapporte la réponse si connue que fit à son frère le prince deCondé : « Voyant le duc de Glocester, le prince de Condé luidemanda s’il s’était jamais trouvé à une bataille; il répondit quenon et ce prince lui dit ; « Dans une demi-heure, vous verrezcomment nous en perdrons une. » Nous citons la phrase textuelle,({lie les historiens ont plus ou moins modifiée.