fût meilleur, et, pendant la bataille, il avait fait unevigoureuse sortie, que les troupes laissées par Tu-renne à la garde du camp suffirent, il est vrai, àrepousser. Mais quand toute l’armée française futrentrée dans ses lignes, les travaux furent menésavec une telle vigueur que la contrescarpe put êtreemportée dans la nuit du 17 au 18 juin; deux joursaprès, le fort Léon succomba, et l’on put prévoir àbref délai le terme de la résistance. Elle ne fut entiè-ment brisée, toutefois, que quand le gouverneur eutsuccombé à la suite d’une blessure grave reçue dansla nuit du 19 au 20 juin; le 23, la garnison « battitla chamade », et le Roi vint de Mardick pour prendrepossession de la place, qu’il ne remit qu’en frémis-sant aux Anglais, co'mme il s’y était engagé.
Dunkerque pris, il s’agissait de s’emparer de Gra-velines, selon le plan arrêté avec Cromwell, et lesFrançais devaient s’y employer d’autant plus volon-tiers que cette place, du moins, resterait entre leursmains. Ce fut pour en faciliter le siège que Turennefit attaquer, dès le 24 juin, Bergues, puis Fûmes etDixmude; ces villes ne lui opposèrent qu’une faiblerésistance et il allait marcher sur Nieuport, lorsqueMazarin lui envoya brusquement l’ordre de suspen-dre jusqu’à nouvel ordre les opérations militaires(6 juillet); une grave maladie de Louis XIV, que l’ondut transporter de Mardick à Calais, était la cause decette détermination. Quand le Roi parut hors dedanger (23 juillet), le cardinal vint trouver le maré-chal à Dixmude et l’on décida que l’on investiraitsans plus tarder Gravelines; que le maréchal de laFerté, qui arrivait de la Meuse avec des renforts,