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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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Il employa donc le mois d’octobre et une partie dumois de novembre à mettre les places conquises enbon état de défense : « Il y avait plus de millepaysans qui travaillaient tous les jours, outre les sol-dats, et l’armée était à quatre ou cinq lieues d’euxpour couvrir les travaux. » Les Espagnols 11 e firent,du reste, aucune tentative sérieuse pour les inquiéter.C’est à peine s’ils osaient maintenant se hasarder enrase campagne, surtout depuis que la cavalerie fran-çaise avait surpris et taillé en pièces, près de Menin, lecorps du prince de Ligne, qui se rendait d’Ypres àTournai pour mettre cette ville à l’abri d’une attaqueconsidérée à tort comme imminente. En novembre,l’ennemi faisant mine de devenir plus entreprenant,Turenne s’avança jusqu’à la Dendre et occupa Gram-mont et Ninove, non pas qu’il eût l’intention de con-server ces postes, mais dans la vue d’intimider lesEspagnols et de les forcer à se tenir tranquilles.

C’était d’ailleurs à peu près superflu. Cette cam-pagne de 1658 avait été désastreuse pour l’Espagne,non seulement dans les Pays-Bas, mais en Italie et enPortugal : Philippe IV n’avait plus d’armée et sevoyait enfin obligé de faire fléchir son orgueil. Deson côté, Mazarin n’aspirait plus qu’à la paix, queréclamait impérieusement l’état du royaume épuisépar vingt- cinq ans de guerre. Dans le courant del’hiver, des négociations s’ouvrirent, qui devaienttraîner encore de longs mois ; mais, les bases de l’ac-cord étant dès lors jetées, une suspension d’armes putêtre conclue entre les deux partis, le 8 mai, aumoment où s’ouvrait habituellement la campagne.Enfin, le 7 novembre 1659, fut signé dans une île de